Il est temps d'arrêter de freiner le développement de la FOAD - Itv AEF de Jacques Bahry
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Mercredi, 13 Novembre 2013 12:50

Réforme de la formation : "il est temps d'arrêter de freiner le développement de la FOAD" Itv AEF de Jacques Bahry

Dépêche AEF n° 189792 de Cyril Duchamp du 12/11/2013 reproduite avec l’aimable autorisation du groupe AEF (www.aef.info)


Alors qu'en 1971, « la formation professionnelle continue de la France était un modèle », aujourd'hui elle accuse un « retard par rapport aux pays comparables » en particulier car le système freine le développement des usages numériques, analyse pour AEF le 7 novembre 2013, Jacques Bahry, président du FFFOD, vice-président de la FFP et délégué général du Groupe Cesi. Alors que les négociations entre partenaires sociaux sur la réforme de la formation professionnelle ont commencé le 24 septembre dernier (AEF n°187844), il plaide pour une évolution législative afin de mieux « tenir compte de l'ensemble des technologies présentes et futures ». Le FFFOD, qui organisait ses 11èmes rencontres à Caen du 6 au 8 novembre, a déjà « alerté » le cabinet de Michel Sapin, la DGEFP, ainsi que des partenaires sociaux.

AEF : Quelle analyse faites-vous de la situation actuelle en matière de FOAD ?

Jacques Bahry : Lorsque nous avons créé le FFFOD, il y a près de 20 ans, les premiers membres avaient déjà exprimé une demande prioritaire : lever les freins réglementaires au développement de la FOAD. En déployant efforts et pédagogie sur ces problèmes, nous avons contribué à ce que soit publié en 2001 une simple circulaire sur les conditions d'imputabilité, mais qui a ensuite été contredite notamment par un texte de 2009 adressé aux Opca et rappelant l'importance des feuilles d'émargement. Maintenant, cela suffit ! Je m'adresse aux négociateurs, au gouvernement et aux législateurs : il est plus que temps d'arrêter de freiner le développement de la FOAD en France. Il faut agir, car nous prenons du retard. En 1971, la formation professionnelle continue de la France était un modèle. Les délégations étrangères étaient admiratives qu'en un temps record nous soyons arrivés à ce qu'un salarié sur quatre puisse suivre une formation chaque année. Aujourd'hui, nous sommes en retard par rapport aux pays comparables.

AEF : En quoi la loi de 1971 pose-t-elle problème ?

Jacques Bahry : En 1971, le gouvernement avait trouvé astucieux de créer une « niche fiscale » sous la forme d'une dérogation sur l'impôt pour les entreprises faisant le choix de la formation. C'était une démarche consensuelle avec les partenaires sociaux, mais cela a eu des conséquences préjudiciables : toute la loi de 1971 est tournée sur une vérification de la bonne utilisation du temps de formation en distinguant la formation du travail, la formation de l'information et la formation du conseil. Plus tard, une loi dira qu'il faut distinguer la formation du coaching. Toutes ces distinctions hermétiques sont caduques avec le développement des TIC, car la qualité d'une formation s'analyse en terme de liens avec le travail et non de séparation. Cette distinction entre formation et information n'a d'ailleurs d'autre intérêt que de savoir si cela est ou non imputable. Ce périmètre étanche autour de la formation est uniquement lié aux règles fiscales car la logique de la loi de 1971 fait que l'argent mal utilisé est considéré comme un détournement d'argent public.

AEF : Que faut-il mieux prendre en compte ?

Jacques Bahry : Dans l'esprit de tous, formation finit par correspondre à imputabilité ! C'est le cas pour les dépenses, mais le problème majeur porte surtout sur la rémunération des apprenants. Si on se souciait davantage de l'effectivité et de la qualité de l'apprentissage par l'apprenant plutôt que de la quantité de temps qu'il a passé (d'ailleurs on a toujours dormi très bien près du radiateur), on verrait les choses différemment. Pendant des siècles le mode d'apprentissage a été uni-modal, avec un enseignant et un groupe qui l'écoute. Aujourd'hui, il est multi-modal : le numérique ne va pas remplacer le face à face pédagogique par un face à face avec l'ordinateur. Le changement va beaucoup plus loin. Il faut tenir compte de l'ensemble des technologies présentes et futures pour anticiper l'avenir. Il ne s'agit donc pas de s'enfermer dans une nouvelle unique modalité de formation avec cette fois l'ordinateur, comme on l'a fait pour le face à face pédagogique. À l'heure des « serious games » et des classes virtuelles, la loi doit changer pour favoriser les innovations. L'heure est au multi-modal qui intègre même le traditionnel face à face pédagogique.

AEF : L'innovation pédagogique est-elle vraiment contrainte actuellement ?

Jacques Bahry : La feuille d'émargement est devenue la feuille de vigne qui cache l'absence d'innovation pédagogique ! Beaucoup d'innovations pédagogiques liées au numérique sont en réalité des innovations connues et anciennes mais dynamisées par le numérique, comme les pédagogies inversées ou le connectivisme (enfant de l'enseignement mutuel) qui reviennent ainsi dans l'actualité. La compétitivité de la France qui a l'air de faire consensus aujourd'hui ne passe-t-elle pas aussi par celle de notre système de formation continue ? Il faut ouvrir grand les portes de l'innovation, qui se fait majoritairement par le numérique, à notre système de formation continue. Pour que le citoyen de demain ne soit pas dominé par le numérique, il faut qu'il soit formé avec et par le numérique !

AEF : Êtes-vous confiant sur de possibles évolutions législatives ?

Jacques Bahry : La bonne nouvelle est que les ministères de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur ont décidé de s'engager dans une politique de promotion du numérique. Il serait vraiment paradoxal que seule la formation continue n'y ait pas droit ! Pire, seules les grandes entreprises qui dépassent le minimum légal de formation peuvent continuer à développer l'usage du numérique pour leurs salariés. Lorsqu'on sait qu'il n'y a que 185 entreprises en France avec plus de 5 000 personnes, ne rien faire signifierait augmenter encore les inégalités entre les salariés des grandes et des petites entreprises. La solution préconisée par le FFFOD est l'estimation forfaitaire de la durée de la formation (AEF n°188967). Nous ne voulons pas voir remplacer la feuille d'émargement par d'autres pseudo-systèmes numériques de mesure du temps de connexion car cela ne correspond pas aux réalités de l'acte de formation. Et si la solution à laquelle nous arrivions revenait à créer un système hyper-sophistiqué, il n'y aurait pas d'effet car les opérateurs continueraient à trouver cela trop compliqué et donc à avoir peur de s'engager dans des renouveaux pédagogiques que seul l'usage du numérique permet.


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 CRISTOL DENIS  - Apprendre autrement     |2013-11-16 10:42:40
Merci pour cette prise de position, cependant il va falloir traiter des
questions comme la réticence des syndicats qui considèrent la formation soit
comme un salaire différé (cette position est encore exprimée), soit comme un
enjeu de responsabilité de la part des employeurs (défense du temps
personnel), il faudrait aussi former et sensibiliser une masse d'acteurs à
commencer par les gestionnaires et les dirigeants qui sont obnubilés par la
gestion et abandonne la dimension pédagogique qui ne les intéressent pas où
qu'ils ne comprennent pas, il faudrait aussi travailler sur la question de
savoir pourquoi les ménages français jouent plus de 30 milliards en jeu de
hasard et mise seulement à hauteur de 1 milliard sur leur propre formation

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