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Formations à distance : "le problème de la rémunération des stagiaires n’est toujours pas réglé" (Jacques Bahry, FFFOD) par Cyril Duchamp

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Dépêche n°552088 de Cyril Duchamp du 12 décembre 2016 parue dans l'AEF http://www.aef.info/ et reproduite ici avec l'aimable autorisation de l'AEF


Le FFFOD a réussi à inscrire la FOAD dans la loi, à promouvoir la notion de "durée moyenne estimée et forfaitaire" d’une formation à distance, "mais le problème de la rémunération n’est toujours pas réglé", estime pour AEF Jacques Bahry, président du FFFOD (1). "L’avenir doit absolument être la rémunération forfaitaire possible pour tous les dispositifs de FOAD, c’est notre cheval de bataille car le seul moyen de faire face à la diversité importante et croissante des modalités pédagogiques", soutient-il. Alors qu’une centaine de personnes ont assisté les 6 et 7 décembre à Clermont-Ferrand aux 14es rencontres du FFFOD sur le thème de la "multimodalité", il revient sur l’évolution du concept de FOAD. Pour lui, "l’argument de l’économie d’échelle a été le plus mauvais service rendu à la FOAD pour la vendre" alors qu’elle se justifie par sa capacité à "individualiser" la formation.

AEF : Pourquoi avoir choisi le thème de la "multimodalité" pour ces rencontres du FFFOD ?

Jacques Bahry : Nous préférons le terme de multimodalité à celui de FOAD, même si grâce au FFFOD la FOAD est entrée dans le code du travail (lire sur AEF) et donc il ne s’agit plus d’y toucher. Les différentes modalités de formation de la FOAD sont d’abord technologiques, même si elles rendent plus faciles des pédagogies qui préexistaient. C’est le cas pour les "chats" entre apprenants hérités de l’enseignement mutuel qui existait dans nos campagnes avec le principe d’école à maître unique, ou pour les pédagogies inversées qui n’ont en définitive pas besoin de technologie pour exister mais qui s’en trouvent facilitée par elles, ou encore pour les "serious games" dont la pédagogie est proche des études de cas et simulations. Les notions de parcours et de personnalisation de la formation viennent renforcer la notion de multimodalité, et ces trois ensembles nécessitent une approche renouvelée dans un souci de qualité de la formation.

AEF : Quelles sont donc les évolutions par rapport aux principes de la FOAD ?

Jacques Bahry : A ses débuts, la FOAD a été vendue pour répondre à des besoins particulièrement massifs et pour réaliser des économies d’échelles. Cependant, les besoins de formation sont certes massifs mais le plus souvent très spécifiques, la demande est aujourd’hui plus sur des réponses très personnalisées car chacun veut une formation pour lui et adaptée à lui. L’argument de l’économie d’échelle a été le plus mauvais service rendu à la FOAD pour la vendre, alors que ce qui la justifie est qu’il s’agit d’une très bonne formation qui permet entre autres d’individualiser des parties d’un parcours. C’est le parcours qui est personnalisé et non chaque action du parcours. Sur ce point, nous sommes dans l’actualité par rapport à l’évolution juridique et législative de la loi travail d’août 2016.

AEF : Constatez-vous encore des freins à sa diffusion ?

Jacques Bahry : La FOAD est entrée dans la loi de mars 2014 comme action de formation légitime, grâce au FFFOD. Nous nous sommes rendu compte qu’il restait beaucoup de problèmes à régler avec en particulier une confusion entre le temps de connexion et le temps de formation. Pour cela, nous avons produit une FAQ avec l’appui de la DGEFP et du FPSPP en promouvant la notion de durée moyenne estimée et forfaitaire (lire sur AEF). Mais le problème de la rémunération n’est toujours pas réglé. Nous avons fait passer l’idée d’un forfait pour le coût de la formation, mais il y a toujours des discussions sur ce qu’il faut faire pour la rémunération des stagiaires. Avec la loi travail, la prise en compte forfaitaire du parcours est rendue possible uniquement pour les contrats de professionnalisation, mais c’est un début important, en partie en entreprise, en y intégrant des séquences de positionnement, d’orientation ou d’évaluation. Ainsi des séquences sur des choses connexes à la formation peuvent donner lieu à un forfait, mais qui ne prend pas encore en compte la rémunération. Cela fait cependant avancer les choses.

AEF : Quelle est la solution préconisée par le FFFOD ?

Jacques Bahry : L’avenir doit absolument être la rémunération forfaitaire possible pour tous, c’est notre cheval de bataille car le seul moyen de faire face à la diversité importante et croissante des modalités pédagogiques. Celles-ci doivent pouvoir se combiner librement pour une plus grande efficacité des dispositifs de formation. Un principe qui doit demeurer est qu’un apprenant rapide ne perde pas de temps et que celui qui est plus lent prenne le temps dont il a besoin. La rémunération ne peut donc plus être calquée sur la durée de la formation, il nous faut une rémunération basée sur une durée moyenne. Cela entraîne bien sûr un bouleversement administratif, mais c’est la seule solution pour des dispositifs de formation réellement diversifiés.
Enfin, la qualité de ces parcours ne se réduit pas à la qualité de chacun de ses segments et modalités de formation. Il faut travailler sur les transitions d’un module à l’autre, sur la pertinence par rapport aux besoins réels de la personne que le parcours organise. Du côté des apprenants, le principe d’une rémunération forfaitaire sur un temps de formation estimé permet de régler la question des discontinuités de la formation avec celui qui s’arrête, et qui reprend : plus besoin de fermer le compteur et de l’ouvrir de nouveau. Si on lit le code du travail, on voit clairement que la FOAD apparaît comme un cas particulier de la formation. Demain, gageons que ce sera le présentiel qui sera un cas particulier du multimodal !

(1) Jacques Bahry est également directeur des relations institutionnelles du groupe IFG, représentant de la CGPME au Cnefop, et vice-président honoraire de la FFP.

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