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Les 8es Rencontres du FFFOD dans la presse

13 articles et dépêches :

Quels enjeux et limites des pratiques innovantes pour le e-learning ?  - AEF INFFO – Le 22 janvier 2010
L’innovation en formation ne se résume pas à l’innovation technologique - Quotidien de la Formation - Le 18 janvier 2010
La FOAD s’inscrit dans l’histoire de la formation - Quotidien de la Formation - Le 18 janvier 2010
La FOAD et le syndrome de la Silicon Valley (Jacques Bahry) - Quotidien de la Formation - Le 18 janvier 2010
La complexité de l’achat de formation pèse sur le développement des FOAD - Quotidien de la Formation - Le 18 janvier 2010
De l’impact des technologies sur le travail du conseiller Fongecif - Quotidien de la Formation - Le 15 janvier 2010
« Pas de bon système de formation sans bon système d’orientation » (Jacques Bahry) - Quotidien de la Formation - Le 15 janvier 2010
Comment mettre en œuvre les technologies de l’orientation ? - Quotidien de la Formation - Le 15 janvier 2010
L'information et l'orientation au coeur des réflexions sur le numérique – AEF INFFO - Le 15 janvier 2010
L’Alsace souhaite développer les pratiques de FOAD dans l’apprentissage - Quotidien de la Formation - Le 14 janvier 2010
Apprendre à distance pour les publics dispersés - L’Alsace - Le 14 janvier 2010
Alsace : les 3 axes de la politique de FOAD du conseil régional - Quotidien de la Formation - Le 13 janvier 2010
Huitièmes rencontres du Fffod (Strasbourg, 13 au 15 janvier 2010) : entretien avec Jacques Bahry - Quotidien de la formation - Le 17 décembre 2009

 

Rencontres du FFFOD : quels enjeux et limites des pratiques innovantes pour le e-learning ? 

Dépêche AEF n°126220 du 22 janvier 2010 de Pascaline Marion publié par www.aef.info et reproduite ici avec l'aimable autorisation de l'AEF.
www.aef.info, producteur d’informations spécialisées


« Quelles opportunités représentent les nouveaux espaces numériques et modes d'apprentissage pour la Foad ? À quelles conditions représentent-ils une vraie source d'innovation ? » : telles étaient les interrogations au coeur des 8e rencontres du FFFOD, qui se sont tenues du 13 au 15 janvier 2010 à Strasbourg (AEF n°125840). Les ateliers ont permis de présenter quelques « serious games » (banque, automobile, etc.) et abordé l'articulation nouvelle entre les apprentissages et les réseaux sociaux (Twitter, Facebook, etc.). Comme le note Alain Cote, conseiller à l'innovation numérique auprès du président du conseil régional d'Alsace, « le monde de la Foad vit une période chaotique » : « il va se repositionner, mais selon un paradigme différent qu'on ne connaît pas encore ».

Pour Alain Cote, les « serious games » ne conviennent pas à tous les types de formation. « Un jeu de cartes comme la belote peut s'apparenter à un processus complexe, en donnant lieu à une infinité de possibilités, contrairement à une lecture dont la logique est linéaire. C'est la même chose en matière de Foad, où l'utilisation des serious games est bienvenue si l'objectif est de former à un processus complexe : former à l'usage de plantes pour dépolluer un sol, par exemple », avance-t-il.

Les principaux atouts des espaces virtuels peuvent devenir des inconvénients s'ils sont mal maîtrisés. « Grâce aux serious games et aux réseaux sociaux », indique Christophe Batier, directeur technique du service Tice de l'université Claude Bernard Lyon-I, « on apporte un côté ludique et interactif, donc de la vie, dans les dispositifs de formation ». La principale limite, selon Alain Cote, est de donner parfois l'impression d'infantiliser les apprenants : « ces petits bonhommes verts [développés dans un serious game de formation aux métiers de la banque] peuvent même s'avérer contre-productifs pour l'entreprise. Il faudrait trouver le juste milieu entre le côté ludique et l'aspect responsabilisant ».

LE COUPLE FORMATEUR-APPRENANT REMIS EN CAUSE

« Il semble qu'on bascule du couple apprenant-formateur au couple apprenant-apprenant », poursuit Alain Cote en évoquant le règne du « semi-anonymat ». « Nous sommes loin du maître des années 1950, qui avait des attributs représentatifs de son pouvoir, comme le médecin en blouse blanche. Aujourd'hui, dans les réseaux professionnels, nous polarisons davantage sur la pertinence de ce qui est dit et écrit, et non plus sur celui qui le dit, ni sur sa fonction sociale ». Christophe Batier tient à nuancer : « d'une part, chaque individu construit son e-réputation ; d'autre part, à l'heure où le web permet d'accéder à un puits de contenus jamais constitués, il faut des guides [formateurs] pour s'y retrouver, ces guides étant en mesure de renvoyer les apprenants vers des experts dans telle ou telle discipline, sur Viadeo par exemple ».

Autre point de débat, celui de l'utilisation plus modeste des réseaux sociaux dans les entreprises que dans les universités. Pour Alain Cote, « le monde économique français est structuré de manière pyramidale, tandis que tout réseau social fonctionne sur le mode horizontal, s'adaptant ainsi mieux au modèle culturel universitaire ».

« ET LES QUESTIONS PÉDAGOGIQUES ? »

La mise à disposition sur le web de masses d'informations « en temps réel » incite les observateurs à la prudence. « On n'innove pas dans le chaos », réagit Dominique Lecoq, de la mission locale de l'Orléanais. « Il devient gênant de confondre les informations, les savoirs et les connaissances. Dans nos débats, il faudrait distinguer davantage les produits des usages car nous parlons de moins en moins des questions pédagogiques ». Jacques Naymark, chef de projet TFS et Foad à l'Afpa, recommande aussi de ne pas donner trop d'importance à certains sites qui s'apparentent « à la cour de récréation », l'apprentissage passant au contraire par une forme d' « effort » et d' « ascèse ».

Le président du FFFOD, Jacques Bahry, dit croire en l'auto-régulation de ces usages émergents (serious games, réseaux). Le système ne serait pas chamboulé pour autant : « il faudrait faire davantage la jonction avec les réflexions pédagogiques antérieures, puisque nous sommes proches de la pédagogie du jeu et de la simulation… Et concernant l'aspect cour de récréation, le débat ressemble à ce qui a été écrit dans le domaine de l'enseignement mutuel : c'est une façon d'apprendre de manière collaborative, où ce qui se passe entre stagiaires est aussi important qu'entre le maître et eux », relativise-t-il.

LE POTENTIEL DU MULTIMÉDIA

Parmi les exemples innovants mis en avant, celui du GIP FCIP (Formation continue insertion professionnelle) d'Alsace avec un projet s'appuyant sur « le principe de simulation » et les ressources de sept partenaires européens. Comme l'annonce sa directrice, Elisabeth Eschenlohr, « nous proposons 'e-client' aux professionnels de l'hôtellerie-restauration, pour leur permettre d'être à l'aise en langues, dans la pratique quotidienne de l'accueil des clients ».

Développé dans le cadre du programme Leonardo au titre des projets de développement de l'innovation (2007-2009), ce projet a été financé à hauteur de 550 000 euros (dont 75 % apportés par l'Union européenne). Contrairement aux outils classiques, « e-client » conduit les apprenants dans un parcours de formation en ligne, à partir de situations professionnelles réelles tournées dans le secteur de Strasbourg en six langues (allemand, anglais, grec, espagnol, bulgare, français). « Dans un premier temps », illustre le formateur Pierre Wurtz, « l'apprenant dispose de ressources et d'exercices, avec des vidéos interactives qui lui permettent de construire des dialogues selon des scénarios courants : Comment expliquer une partie d'un menu ? Comment répondre aux requêtes délicates au moment du paiement ? ». Une fois ces séquences mémorisées, l'apprenant passe à la phase simulation, en enregistrant sa voix sur magnétophone numérique.

À L'AFPA : l'APPROCHE COMPÉTENCES TRANSVERSALES

Enfin, l'Afpa se préoccupe aussi de mettre la Foad au service d'une plus grande « proximité », en particulier en Alsace où l'enseignement à distance est historiquement enraciné via le CNEFAD (Centre national d'enseignement et de formation à distance) de Colmar. « Il y a aussi eu la volonté marquée de la région que la formation vienne aux citoyens, exprimée par le président Adrien Zeller », rappelle le directeur régional Gabriel Danino. Dans les faits, plusieurs sites territorialisés de formation à distance (Saverne, Benfeld, etc.) se sont développés « pour rendre accessibles des ressources non disponibles sur place et rompre l'isolement des parcours de formation ». « Pourtant, cette expérience reste modeste », regrette Gabriel Danino, « car il n'est pas évident de mettre à disposition l'ensemble des compétences dans n'importe quelle plate-forme territoriale, pour des raisons techniques et pédagogiques ».

Dans un avenir proche, les évolutions technologiques à l'Afpa seront marquées par le plan stratégique national (AEF n°117099), complète Jacques Naymark de TFS (Téléformation et Savoirs). D'une part, l'opérateur veut apporter « sa contribution à l'articulation entre connaissance des métiers et mobilités professionnelles », « pour pallier l'ignorance des nouveaux entrants [demandeurs d'emploi, salariés, etc.] sur la diversité du monde professionnel ». Pour cela, le bouquet TFS, qui a déjà produit 500 clips-métiers (présents sur internet), planche sur un service en ligne permettant à chacun de mesurer « son potentiel de mobilité ».

D'autre part, l'Afpa se mobilise sur un travail d'ingénierie de formation autour des compétences transversales : « à partir d'un référentiel spécifique, nous venons de lancer quatre offres de formation allant jusqu'à 350 heures, en visant notamment le public des jeunes », annonce Jacques Naymark, par ailleurs vice-président du FFFOD. « Cette approche s'appuiera sur les technologies numériques, non seulement en les prenant en compte parmi les compétences transversales à acquérir [maîtrise des Tice en situation professionnelle et personnelle, identité numérique], mais aussi dans la logique « blended-learning » à mettre en oeuvre, avec un tiers à deux tiers de formation à distance ». 

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L’innovation en formation ne se résume pas à l’innovation technologique

Quotidien de la Formation - Le 18 janvier 2010 - article de Nicolas Deguerry

Invités à réagir aux innovations présentées au cours des 8èmes rencontres du Fffod (Strasbourg, 13 au 15 janvier), Alain Cote, conseiller à l’innovation numérique auprès du président de la Région Alsace, et Christophe Batier, directeur technique du service TICE de l’université Claude Bernard Lyon I, se font l’écho d’un sentiment assez partagé par les participants : la problématique de l’innovation technologique en formation est indissociable de celle de l’innovation pédagogique.

Quand cette condition n’est pas respectée, un processus de « gadgetisation » menace les dispositifs de formation. Ceux ci doivent donc veiller à placer au centre de leur cahier des charges l’objectif d’apprentissage. Face à des critiques formulées à l’intention des « interfaces infantilisantes » de certains serious games, ou encore la dimension « cour de récréation » associée à certains réseaux sociaux, Christophe Batier plaide : « Il faut amener la vie dans les dispositifs et donner une dimension sociale au jeu, la dimension ludique entretient l’attractivité ». Il est nécessaire de trouver « un juste milieu entre ludique et responsabilisation » répond Alain Cote.

S’agissant des bonnes pratiques en matière d’interface et plutôt que de risquer une définition figeant la création, Christophe Batier souligne qu’ « une interface bien faite est celle qui est vraiment utilisée : l’interface de Twitter est moche mais tout le monde l’utilise ». Aussi le travail doit-il, selon lui, se concentrer sur ce qui favorise « l’appropriation » de l’environnement d’apprentissage, notamment les possibilités de « personnalisation de l’interface et des avatars ».

Thème des 8èmes rencontres, les nouveaux espaces numériques interrogent également les frontières de la formation : « former/informer, jouer/apprendre, réel/virtuel », autant de couples nécessitant de s’interroger sur la place du curseur. Où commence l’acte d’apprendre, jusqu’à quel degré s’accommode-t-il d’incursion dans les territoires de la communication et du ludique, tout dépend évidemment de la nature des objectifs d’apprentissage. « L’apprentissage n’est peut-être pas le chemin de croix » auquel renvoie le vécu de certains, « mais c’est tout de même une ascèse », rappelle Jacques Naymark, responsable TFS et de l’innovation à l’Afpa. « L’immédiateté d’internet est utile pour l’accès à l’information mais ne supprime pas la temporalité de l’apprentissage », renchérit Martine Vidal, rédactrice en chef de Distances et Savoirs.

Mais « la vraie question », selon Jacques Naymark, réside dans le défi posé aux pédagogues par Michel Serres lors de sa conférence prononcée aux 40 ans de l’INRIA. Prenant acte d’une externalisation numérique des connaissances qui libère les individus de l’obligation d’acquérir par cœur des savoirs par ailleurs mobilisables en temps réel sur les réseaux, Michel Serres s’était en effet interrogé sur l’usage à faire de ces fonctions cognitives désormais libérées.
 
Le mot de la fin au conseiller à l’innovation numérique de la Région Alsace : « nous vivons une période chaotique au sens noble du terme, une période de repositionnement », où chaque acteur doit s’efforcer de repenser sa place en fonction des nouveaux contextes d’apprentissage.


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La FOAD s’inscrit dans l’histoire de la formation

Quotidien de la Formation - Le 18 janvier 2010 - Nicolas Deguerry

Pour son discours de clôture des 8èmes rencontres du Fffod, le président Jacques Bahry appelle à tenir « plus systématiquement [compte] des réflexions pédagogiques antérieures ». Exemple avec les serious games et les réseaux sociaux.

« Avec les serious games, on est très proche de la pédagogie du jeu, de la pédagogie de la simulation et de la pédagogie des études de cas », toutes trois très « antérieures » aux serious games. S’en inspirer améliorerait l’efficacité pédagogique des « jeux sérieux » qui présente selon lui à n’en pas douter un intérêt certain. Autre exemple avec les réseaux sociaux, dont les promesses rejoignent « ce qui a été écrit dans le domaine des apprentissages collaboratifs ».

Et de conclure, « c’est la palette des moyens qui augmente grâce aux technologies, on avancera plus vite en n’ignorant pas les travaux antérieurs sur des pédagogies très proches qui ne disposaient pas de ces moyens ».

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La FOAD et le syndrome de la Silicon Valley (Jacques Bahry)

Quotidien de la Formation - Le 18 janvier 2010 - Nicolas Deguerry

« Est-ce que tout ce que nous faisons avec ces nouvelles technologies ne souffre-t-il pas du syndrome de la Silicon Valley ? », s’est interrogé le président Jacques Bahry en clôture des 8èmes rencontres du Fffod (Strasbourg, 13 au 15 janvier).

« Dans la Silicon Valley », explique-t-il, les entreprises présentent une « organisation très particulière, à l’apparence démocratique et peu pyramidale », qui correspond bien à la logique des FOAD. Ceci « alors qu’en France, les entreprises continuent à demander du e-learning synchrone afin de pouvoir continuer à ne pas mélanger temps de travail et temps de formation ».

A ce frein, s’en ajoute selon lui un autre, celui du « mythe de la formation à distance à domicile » : dans la Silicon Valley, les individus disposent d’ « espace », avance-t-il. « En France, seuls les cadres supérieurs sont suffisamment bien logés pour pouvoir se ménager des espaces de formation à domicile », soutient-il.

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La complexité de l’achat de formation pèse sur le développement des FOAD

Quotidien de la Formation - Le 18 janvier 2010 - Nicolas Deguerry

Intervenant en clôture des 8èmes rencontres du Fffod (Strasbourg, 13 au 15 janvier), Steven Thénault, directeur de l’éducation et de la formation au Conseil régional d’Alsace regrette la complexité persistante de l’achat de formation. « Quelle compréhension des règles peut-avoir un offreur devant la multiplicité des acheteurs de formation », s’interroge-t-il. Et ce n’est pas la loi du 24 novembre 2009 qui va « simplifier » le paysage, remarque-t-il en soulignant que la « création du fonds FPSPP » [1] ne fait que « créer un nouvel acheteur ».

Autre « contrainte » à prendre en compte selon lui, des « achats de formation encore trop structurés dans des catégories », ce qui provoque une « segmentation artificielle des marchés ».

Évoquant par ailleurs des « pistes » pour répondre aux objectifs de demain -« apprendre plus, plus souvent, et en autonomie »-, Steven Thénault insiste notamment sur la nécessaire « professionnalisation des formateurs et des accompagnateurs », dont la mission doit par ailleurs faire l’objet d’une réflexion accrue.

Et de conclure sur l’annonce de l’organisation « fin 2010, début 2011 », d’un « forum régional de la FOAD ».

[1] Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels

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De l’impact des technologies sur le travail du conseiller Fongecif

Quotidien de la Formation  - Le 15 janvier 2010 - Nicolas Deguerry

« Comment le travail de conseiller évolue-t-il en fonction du développement de technologies ? », telle était la question posée par Cathy Laurent, directrice adjointe ā la direction de l’éducation et de la formation de la Région Alsace, lors des 8èmes rencontres du Fffod (Strasbourg, 13 au 15 janvier).

Pour Armel Guillet, directeur du développement et de la communication du Fongecif Ile-de-France, des « questions assez anciennes » se posent « avec une nouvelle acuité » dans un contexte qui « bouge ». Si les technologies de l’information peuvent aider à répondre à l’évolution d’une demande en constante augmentation, « il faut être en mesure de bien connaître son public et de le segmenter pour pouvoir adapter son niveau de service : il y a 3 900 000 salariés dans le secteur privé d’Ile-de-France, dont 3 500 000 dépendent du Fongecif ». Un contexte qui impose de « réfléchir à la façon dont on peut construire une offre de services plus ou moins autonome en fonction du public ».

Autre élément à prendre en compte selon Armel Guillet, la personnalisation. « La réponse doit être individualisée et dans la durée, (…) il nous faut donc parvenir à inclure dans le domaine de l’orientation et de la formation professionnelle des éléments de relation clients », comme a su le faire le secteur commercial.

Enfin, l’une des évolutions les plus marquantes de la fonction conseil provient sans doute de la montée en puissance d’un « public capable de s’informer, y compris sur internet ». Une nouvelle donne qui génère des « demandes de plus en plus complexes » et qui nécessitent « un travail de déconstruction/reconstruction du projet » de la part de l’accompagnateur.

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« Pas de bon système de formation sans bon système d’orientation » (Jacques Bahry)

Quotidien de la Formation  - Le 15 janvier 2010 - Nicolas Deguerry

« Il ne peut y avoir de bon système de formation sans bon système d’orientation », a déclaré Jacques Bahry, président du Fffod, lors des huitièmes rencontres (Strasbourg, 13 au 15 janvier 2009). « Il est difficile de faire une orientation bon marché, le facteur humain est essentiel ».

Et de regretter la prédominance d’une « tradition pyramidale de sélection » au détriment d’une « tradition d’orientation » qui fait défaut à notre pays. Une situation d’autant plus dommageable que « ce qui se passe en haut est exemplaire pour le reste : en soi, le bac S ne sert à rien, sinon à garder le maximum de possibilités ouvertes ».

Affichant sa casquette de directeur du Cesi, Jacques Bahry conclut, « Au Cesi, nous défendons le droit à l’orientation tardive, il n’est pas possible de continuer avec une élite qui est décidée en fin de troisième ».

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Comment mettre en œuvre les technologies de l’orientation ?

Quotidien de la Formation  - Le 15 janvier 2010 - Nicolas Deguerry

Évoquant lors des 8èmes rencontres du Fffod le « service dématérialisé d’information et d’orientation » prévu par la loi du 24 novembre 2009, Jean-Marie Lenzi de la Délégation interministérielle à l’orientation, pose le problème de la mise en œuvre d’une plate-forme téléphonique de premier accueil.

Au premier plan des questions posées, apparaissent l’économie du futur dispositif, la qualité du service rendu et sa mise en œuvre organisationnelle. Sur le premier point, Jean-Marie Lenzi s’appuie sur « des simulations [qui] montrent environ 5 millions d’utilisateurs par an pour une durée moyenne d’entretien de 5 minutes ». Les coûts seront « très élevés » et n’aideront pas à réduire la facture de l’orientation, prévient-il. De même pour la mise en œuvre de services internet : « Si l’on assume l’objectif d’une première information qui passe aussi par internet, il faudra des investissements financiers logiciels conséquents ».

Sur le deuxième point, mêmes besoins d’anticipation en termes de qualité : il faut penser dès à présent qu’ « un service dématérialisé a incontestablement le besoin de passer le témoin à des services de proximité, ce qui pose la question des protocoles de mise à jour et de fiabilité de l’information transmise ». Enfin, se pose la question de l’organisation. Concernant le Centre Inffo, l’Onisep et le CIDJ, « la loi est prudente, observe-t-il. Elle n’évoque plus la fusion des débats parlementaires et à l’évidence, on tiendra compte de l’existant : il s’agit de rapprochement et non pas de fusion ». Un existant dont il faudra aussi « bien tenir compte » en matière de plateformes téléphoniques. « Que fera-t-on de la plateforme de l’Onisep et des plateformes régionales ? »

Concluant autour d’un « enjeu pour les pouvoirs publics qui dépassent le strict cadre de la loi », Jean-Marie Lenzi souligne l’impact à venir du virage technologique de l’orientation : « les gens qui se coupent des TIC se coupent aussi des services de l’orientation, il faudra bien voir comment on raccroche ces personnes ».

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L'information et l'orientation au cœur des réflexions sur le numérique  

Dépêche AEF n°12840 du 15 janvier 2010 de Pascaline Marion publié par www.aef.info et reproduite ici avec l'aimable autorisation de l'AEF.
www.aef.info, producteur d’informations spécialisées


« La bonne formation, c'est l'accompagnement de l'auto-formation, car l'acte d'apprentissage est souvent solitaire. Et pour l'orientation, la démarche est identique : il ne s'agit pas d'orienter en imposant un choix après avoir fait passer quatre tests ! Tout outil numérique nécessite un accompagnement humain, qui varie selon les sujets, les domaines, etc. Le problème, c'est que c'est cela qui coûte le plus cher », souligne mercredi 13 janvier 2009 à Strasbourg, Jacques Bahry, président du FFFOD. Il s'exprimait à l'ouverture des 8e Rencontres nationales du forum, consacrées au thème « Nouveaux espaces numériques et formation : former/informer, jouer/apprendre, et réel/virtuel », qui se déroulent du 13 au 15 janvier 2010 en partenariat avec le conseil régional d'Alsace.

Près d'une centaine de professionnels de la formation (entreprises spécialisées dans le e-learning, membres du réseau FFFOD, partenaires de l'éducation et de la formation) ont mercredi les enjeux et les limites des nouveaux outils numériques de l'information et de l'orientation, deux mois après l'adoption de la loi orientation/formation (AEF n°123422).

LOI FORMATION DÉCEVANTE

Pour le président du FFFOD et directeur du Cesi, Jacques Bahry, « la Foad (Formation ouverte et à distance) dépasse les limites de la formation au sens strict [et] ne respecte pas le périmètre fiscal de l'imputabilité [sur l'obligation légale de l'entreprise] ». Revenant sur les quinze ans d'existence du Forum, Jacques Bahry se félicite de la circulaire du 20 juillet 2001, « qui a précisé dans quelles conditions l'imputabilité des dépenses de formation était possible », ainsi que « du dialogue ouvert avec les conseils régionaux ».

En revanche, il se montre déçu par la loi du 24 novembre 2009 relative à l'orientation et à la formation professionnelle : « Si le texte de l'ANI [du 7 janvier 2009] prévoyait la possibilité d'imputer les dépenses sur l'ingénierie de formation, et en particulier la conception de produits, cela ne fait pas partie des éléments repris dans le texte de loi, ce qui est un très mauvais signe donné par l'État aux acteurs ». Jacques Bahry se satisfait néanmoins de la possibilité de financer des actions de formation à distance hors temps de travail dans le cadre du CIF (AEF n°124884).

DE NOUVEAUX ENJEUX POUR LES TICE…

« Se dirige-t-on vers un nouveau couple informer/orienter ? », interroge Françoise Gérard (Centre Inffo). « Le rapport Guégot [qui vient d'être remis au Premier ministre (AEF n°115561)] permettra de concrétiser le service public de l'orientation, dans un contexte marqué par la transformation du marché du travail, la complexité de l'offre de formations disponibles, et le cloisonnement entre les dispositifs ». Par conséquent, Françoise Gérard insiste sur « la nécessité d'avoir une approche multicanaux pour pouvoir informer un public diversifié », « en ayant recours à certains outils comme le téléphone portable, et à des façons amusantes de s'adresser aux gens, à l'instar des films réalisés sur le DIF ou la VAE ».

La création d'un « service dématérialisé d'orientation » représente de nouvelles perspectives. « Certes, il existe déjà des portails nationaux et régionaux d'information, de même que des plate-formes de premier accueil téléphonique. Mais les sites d'orientation pour adultes sont seulement en phase de développement au niveau des régions ; en outre, un futur portail des portails sera créé par les partenaires sociaux (AEF n°123564) », rappelle-t-elle.

Pour autant, certains outils numériques favorisent déjà « l'acquisition des capacités à s'orienter tout au long de la vie ». Le représentant du Carif lorrain ‘Inffolor' a présenté « Lorfolio », un outil personnalisé permettant de renseigner son parcours et ses compétences, et d'élaborer un CV en ligne (AEF n°122226) : « nous avons ajouté une rubrique ‘projet', permettant à l'internaute de réfléchir aux métiers souhaités, avec la possibilité de confronter les compétences requises avec celles qu'il maîtrise », explique Emmanuel Journot. Selon lui, ces portails « évolutifs » (en fonction des souhaits des partenaires de la VAE, des Opca, etc.) posent de nouvelles problématiques : « le positionnement des professionnels par rapport aux usages va-t-il évoluer ? » « Les formes de travail en réseau vont-elles se transformer ? » « Quelles seront les modifications dans la pratique de gestion de ses propres compétences ? »

En amont, l'outil d'aide à l'orientation qu'est le « web-classeur » se déploie depuis trois ans dans les collèges et lycées. « C'est un travail pédagogique qui est demandé aux jeunes, ainsi qu'un travail collaboratif au sein de chaque établissement », indique Emmanuel Percq, chef du SAIO (service académique d'information et d'orientation) au rectorat de l'académie-pilote de Strasbourg et délégué régional de l'Onisep. « Il doit remplir cinq objectifs : organiser et conserver des informations, être un support d'auto-évaluation tout au long du parcours, partager des ressources entre enseignants et avec les élèves, accompagner le développement des dispositifs actuels et à venir [avec le parcours de découverte des métiers et des formations, notamment], et enfin offrir un support pour le livret de compétences (AEF n°120945) », poursuit-il. Un groupe de travail sera bientôt constitué au niveau des deux académies de Strasbourg et de Nancy-Metz, pour assurer la continuité entre le ‘web-classeur' et le ‘Lorfolio'.

…ET CERTAINES RÉSERVES

« Nous avons combattu pour faire émerger cette notion d'orientation tout au long de la vie, donc au-delà du public jeune », insiste, de son côté, Catherine Ducarne, secrétaire confédérale de la CFDT chargée de la formation. « C'est dès le système éducatif qu'elle se construit, avec la notion de livret de compétences incluse dans le web-classeur : il y a là tous les éléments qui permettent au jeune de valider les connaissances et compétences institutionnalisées à travers le socle, mais aussi de traduire celles issues de sa vie personnelle. Quant au Lorfolio, c'est un bel outil, mais comment les publics seront-ils en mesure d'identifier ces compétences ? C'est déjà extrêmement difficile de lire les référentiels de l'Éducation nationale… Cela suppose un accompagnement fort », prévient-elle.

Jean-Marie Lenzi, adjoint du délégué interministériel à l'orientation, rappelle que l'information et le conseil se sont rapprochés « par les systèmes d'information », depuis la mise en place du portail admission post-bac. « Et, de façon plus spectaculaire », s'est développée l'expérimentation de la plate-forme téléphonique de l'Onisep (AEF n°115132) : « malgré les traditionnelles réticences par rapport au conseil à distance, les praticiens se sont adaptés à ce nouveau métier ». Pour autant, il reconnaît que le service d'orientation « gratuit et accessible » prévu par la loi ne pourra pas se contenter du service dématérialisé [plate-forme téléphonique, information multicanaux, etc.] : « il faudra aussi élargir l'accès à un accompagnement de qualité par un face-à-face, avec la professionnalisation des points de contact. »

RÉPONDRE AUX NOUVELLES DEMANDES

Et en matière de formation, comment évolue l'accompagnement des publics sous l'effet des nouvelles technologies ? Selon Armel Guillet, directeur du développement et de la communication du Fongecif Ile-de-France, « ces questions ne sont pas nouvelles mais se posent avec une nouvelle acuité, notamment sur le plan de la mobilisation des personnes les moins informées, et de la nécessité de sécuriser davantage les parcours ».

Les technologies informatiques ont donc, évidemment, une place à jouer dans l'adaptation de l'offre de service à la demande de formation. Prônant une « démarche marketing », Armel Guillet incite à « se poser la question des besoins » : « Il faut connaître son public et le segmenter. Par exemple, il y a 3,9 millions de salariés du secteur privé en Île-de-France, pour 150 salariés au Fongecif. Il faut construire une offre pour ceux qui sont capables d'être autonomes, et une autre offre plus spécifique plus ciblée, avec certains prestataires ». À cela s'ajoute la dimension « tout au long de la vie », qui implique de proposer différents outils « en fonction des divers temps d'un parcours ». « Enfin, nous remarquons qu'une grande partie des publics se renseignent sur les formations par internet, avec les défauts que comporte le bouche-à-oreille du 2.0 : après, il y a tout un travail de déconstruction-reconstruction du projet à réaliser », précise-t-il.

Du côté des entreprises, des freins subsistent au développement de la formation à distance.
« Depuis la loi de 1970, les règles d'imputabilité des dépenses de formation [sur l'obligation légale de l'entreprise] n'ont pas suffisamment évolué », observe Jean-Claude Lasthaus, coordinateur régional de la formation professionnelle au Medef-Alsace. Il relève des « avancées » en 2009, grâce aux circulaires de la DGEFP facilitant l'introduction de la formation à distance dans certaines conditions, au niveau des contrats d'apprentissage et des contrats de professionnalisation. Mais un autre aspect juridique est bloquant : « si auparavant, dans un esprit de promotion sociale, les salariés allaient en formation sur leur temps personnel, aujourd'hui, il est demandé aux employeurs d'indemniser les salariés suivant une formation hors temps de travail par l'allocation formation ».

GARANTIR LE PROFESSIONNALISME DES ACCOMPAGNANTS

« Et côté salariés », poursuit Jean-Claude Lasthaus, « ils n'ont pas forcément intégré toutes les possibilités offertes par les nouvelles technologies ». « Pourtant, ils peuvent consulter les sites internet du Fongecif, et en Alsace, nous ne sommes pas en reste avec le carrefour des IDEO [Information, Documentation et Orientation] ». Le représentant du Medef estime que ces outils constitueront « un excellent moyen de développer le passeport orientation et formation (AEF n°120797), prévu par la loi comme un outil du salarié ». Pour sa part, Martine Ducarne (CFDT) fait remarquer que ce passeport « va avec d'autres outils créés paritairement, qui font partie de la vie de l'entreprise » : « le bilan d'étape professionnel […] qui n'est pas encore opérationnel, le bilan de compétences, ou encore le nouveau portail des portails acté dans la négociation sur les conséquences sociales de la crise économique ».

Enfin, le déploiement des portails numériques ne doit pas occulter le facteur humain. « Arrêtons de penser que la modernité, c'est de mettre tous les documents sous format numérique », pointe Adrien Ferro, responsable du développement du master 2 à l'université Rennes-I. « Aujourd'hui, il y a une forte demande sociale d'interaction, qui nécessite de réfléchir à une nouvelle écriture rencontrante ». « Pour garantir le professionnalisme des accompagnants », poursuit Martine Ducarne (CFDT), « pourquoi ne pas se fonder sur l'expérience de la charte de l'accompagnement développée dans le cadre de la VAE ? ». Armel Guillet suggère de fonder le développement des nouveaux outils sur les trois éléments-clés du rapport sur la formation professionnelle du sénateur Jean-Claude Carle (la personne, la proximité et le partenariat) : « si nous reproduisons la complexité avec les technologies, nous n'avancerons pas », conclut-il.

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L’Alsace souhaite développer les pratiques de FOAD dans l’apprentissage

Quotidien de la Formation  - Le 14   janvier 2010 - Nicolas Deguerry

Intervenant en ouverture des 8èmes rencontres du Fffod (Strasbourg, 13 au 15 janvier), André Reichardt, président du Conseil régional d’Alsace, évoque l’intérêt des formations ouvertes et à distance pour la réduction des coûts de l’apprentissage.

Parmi les objectifs de la stratégie régionale de développement de la formation que vient d’adopter l’Alsace, le président du Conseil régional souligne la place de la FOAD au sein de l’objectif 6 consacré à l’amélioration de la qualité de la formation : « Nous accélérons fortement sur tout ce qui est FOAD. Après l’appel du 8 janvier (voir notre article), un autre appel d’offres verra le jour prochainement car nous voulons nous adresser aux CFA afin de développer les pratiques de FOAD auprès des apprentis. » Ceci, notamment dans les métiers d’art où l’ouverture de classes présentielles « coûte fort cher », précise André Reichardt.

Évoquant également l’orientation, thème de la première journée des 8èmes rencontres, le président plaide pour une forte amélioration qualitative : « Il faut inclure des outils communs pour faire plus et mieux en matière d’orientation, au moins en ce qui concerne la formation initiale » dans un premier temps. Et de conclure, « nous croyons vraiment à la possibilité du développement de la FOAD en Région Alsace ».

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Apprendre à distance pour les publics dispersés

L’Alsace - article d’Alvezio Buonasorte du 14/01/2010 :
http://www.lalsace.fr/fr/region/mulhousepratique/article/2572472,208/Apprendre-a-distance-pour-les-publics-disperses.html


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Alsace : les 3 axes de la politique de FOAD du conseil régional 

Quotidien de la Formation  - Le 13 janvier 2010 - Nicolas Deguerry

Steven Thenault, directeur de l’éducation et de la formation au Conseil régional, rappelle au Quotidien de la formation les « trois axes » de la politique régionale de développement en matière de formation à distance, alors que Strasbourg accueille du 13 au 15 janvier les huitièmes rencontres du Fffod (voir notre article).

« Le forum de la formation en ligne organisé en juin 2008 et l’accueil des rencontres du Fffod s’inscrivent dans le premier axe, un volet d’animation qui vise à susciter des temps d’échange et de réflexion, à fédérer les acteurs et à donner envie de faire des choses ».

Deuxième axe : être en capacité de « susciter de nouveaux produits et de nouvelles formations » au travers d’études prospectives. « Nous avons par exemple réalisé en 2009, avec l’aide de nos animateurs emploi-formation, une étude fine de ce qui pouvait être fait en FOAD, tant en termes de thèmes que de volume. C’est une approche essentiellement économique qui tient véritablement compte des attentes de compétences identifiées sur le terrain, et qui nous a aussi amené à consulter les OPCA, les chambres consulaires et les fédérations professionnelles ».

Enfin, le troisième et dernier axe concerne lui la « solvabilité » : « être certain que les formations vont pouvoir se mettre en place, être certain que les publics visés vont pouvoir les suivre ». Un dernier point qui a notamment conduit la Région à « vérifier le code du travail pour s’assurer que la rémunération des stagiaires en FOAD ne posait pas de problème légal ».
Pour son premier programme de développement des formations ouvertes et à distance (FOAD), adopté le 8 janvier 2010, la Région Alsace choisit des dispositifs mixtes au bénéfice des demandeurs d’emploi. Une initiative qui fait suite au premier forum de la formation en ligne que la Région avait organisé en juin 2008 (voir notre article) sous la présidence d’Adrien Zeller.
« Cinq lots sont proposés pour structurer ce premier programme de formation ouverte et à distance », nous indique Steven Thenault, directeur de l’éducation et de la formation. « Cette sélection correspond à des besoins locaux et régionaux du niveau V au niveau III, et à des types d’actions variés allant de l’offre qualifiante complète à des actions de professionnalisation en passant par des modules courts de perfectionnement ».

Le premier lot, « allemand/anglais à finalité professionnelle », vise à permettre à 150 demandeurs d’emploi, « déjà inscrits en formation technique qualifiante ou professionnalisante, d’accéder parallèlement et à distance à un parcours individualisé de perfectionnement ou de remise à niveau ». Ce dispositif « comprend également 15 à 20 heures de face à face pédagogique en centre », ayant « notamment pour objet d’assister les stagiaires dans l’appropriation de l’outil de formation à distance, dans la définition de leurs besoins, dans l’individualisation de leur parcours, et de faciliter leur positionnement au cours de la formation et à son issue. (…) Ce lot pourrait enfin également servir de terrain d’expérimentation avant d’envisager d’étendre l’enseignement des langues à distance à une plus large échelle, voire au-delà du champ de la formation continue des demandeurs d’emploi, par exemple en apprentissage ou dans les formations sanitaires et sociales initiales ».

Également sous la forme d’un dispositif mixte, le deuxième lot, « efficacité énergétique du bâtiment/ normes et techniques bâtiment basse consommation (BBC) » concerne lui 12 à 15 bénéficiaires et entend pallier les carences observées dans de « nombreux bureaux d’études » en matière de compétences BBC.

Enfin, les trois derniers lots correspondent à « des formations qualifiantes, liées à des besoins identifiés ». A savoir, une formation de niveau III dans le domaine de la propreté, de l’hygiène, et de l’environnement pour 4 à 6 demandeurs d’emploi du Haut-Rhin ; une formation de niveau V en commerce, où la distance sera utilisée pour « réduire la durée du parcours d’accès à la qualification de 12 à 15 demandeurs d’emploi », et une formation de formateur de niveau III, destinée à « transmettre à des demandeurs d’emploi les techniques pour construire, animer, et accompagner des actions de formation et de tutorat dans des domaines liés à leur ancienne activité professionnelle ». Ceci, afin de permettre à un groupe de 8 à 10 stagiaires de trouver de nouveaux « débouchés professionnels » à travers une activité de « formateur permanent ou de conseiller en formation ».

Les cinq actions du premier programme de formation à distance alsacien
« Allemand-anglais à finalité professionnelle », pour 150 bénéficiaires déjà inscrits sur d’autres actions techniques ;
« Efficacité énergétique du bâtiment/normes et techniques du bâtiment basse consommation », visant à former 12 à 15 bénéficiaires pour le respect des nouvelles normes « bâtiment basse consommation » à l’horizon 2020 ;
« Propreté, hygiène et environnement », pour 4 à 6 demandeurs d’emploi dans le Haut-Rhin ;
« Commerce », pour 12 à 15 demandeurs d’emploi du territoire de Saint-Louis/Altkirch ;
« Formation de formateur », pour 8 à 10 demandeurs d’emploi dans leur ancienne activité professionnelle.

www.region-alsace.eu

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Huitièmes rencontres du Fffod (Strasbourg, 13 au 15 janvier 2010) : entretien avec Jacques Bahry

Quotidien de la Formation  - Le 17 décembre 2009 - Nicolas Deguerry

Cet article est en ligne sur le site de Centre Inffo dans "Actualité de la FOAD" en lien 

Initiées en 2000, les rencontres du Forum français pour la formation ouverte et à distance (Fffod) n’ont cessé d’explorer les territoires émergents de l’innovation en formation. En avant-première de la huitième édition consacrée aux rapports entre « nouveaux espaces numériques et formation » (Strasbourg, 13 au 15 janvier 2010), entretien avec Jacques Bahry, président du Fffod et directeur général du Cesi.

« Former/informer », « jouer/apprendre », « réel/virtuel », la « porosité des frontières » évoquée par Jacques Naymark [1] aux rencontres 2008 est devenue le thème des rencontres 2010 (Strasbourg, 13 au 15 janvier). Est-il encore possible de fixer un périmètre à la notion de formation ? C’est la première question que nous avons posée à Jacques Bahry. « Cela n’est pas nécessaire en soi », répond-il, « le problème vient de ce que l’édifice de la formation professionnelle continue français pose à chaque instant la question de la légitimité de la FOAD. »

Pourquoi ? « Parce qu’une constante juridique réserve la notion de formation à l’existence d’un programme, d’une progression et bientôt, d’une qualification. On a par exemple exclu le coaching, pourtant ça y ressemble. De même, la question de savoir ce qui relève de l’information et de ce qui relève de la formation concerne aussi les entreprises : de la réponse dépend l’imputabilité. Tout l’enjeu est que le cadre réglementaire ne vienne pas freiner l’efficacité pédagogique de dispositifs bâtis sur un continuum entre formation et information. »

Autant dire que le président du Fffod ne renie pas ses propos de 2008, où il décrivait une FOAD « un peu à l’étroit » dans notre système de formation professionnelle. Ainsi, la loi du 24 novembre 2009 ne lui apparaît-elle pas de nature à affranchir la FOAD, même s’il juge « très positif » la création du « CIF HTT », au motif qu’il permet, d’une part, d’ouvrir une brèche dans le « contrôle du temps » et, d’autre part, « d’évacuer la question de la rémunération », qui grève « près des trois quarts du budget formation », rappelle-t-il. Déception, en revanche, à propos de la non reprise de l’article 6 de l’ANI de janvier 2009 qui suggérait l’imputabilité des coûts de conception pédagogique et de recherche/développement en matière d’ingénierie des FOAD : « il y a là un mauvais signe, d’autant plus fort que la loi a par ailleurs repris l’essentiel de l’ ANI », souligne-t-il.

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Questions à… Jacques Bahry, directeur général du Cesi, président du Fffod et membre du Conseil d’administration de Centre INFFO.
 
D’où vient votre intérêt pour la FOAD ?
La formation est une activité absolument essentielle dans le développement d’une société, ne serait-ce que pour reconduire l’héritage du passé et développer la connaissance. Ce qui m’intéresse, c’est l’apprentissage et l’innovation en formation. Comme le montre l’invention de la poste à l’origine de la création de l’enseignement par correspondance, la formation a toujours utilisé les techniques de l’époque. Mais s’il est naturel d’utiliser les technologies, je n’ai jamais été fou de technologie, je ne viens pas de l’informatique mais de la pédagogie. Quand les rencontres du Fffod de 2001 questionnent « l’e-illusion », on voit bien que nous sommes des pédagogues qui voulons raison garder. C’est la dimension pédagogique de l’outil qui nous motive.

D’où vient le Fffod ?
À l’origine se trouve un groupe de travail sur l’enseignement assisté par ordinateur (EAO), constitué dans le cadre du Cesi au milieu des années 1980. Rapidement, ces travaux se sont trouvés inscrits dans un cadre européen, jusqu’à la création d’une structure permanente, Saturn, où le Cesi était représenté par Bernard Blandin [2]. Plutôt que d’en prendre la présidence lorsque cela nous fût proposé alors que le partenariat se révélait défaillant, la décision fût prise de créer le Fffod, en 1995, sur des bases différentes puisque non spécifiquement européennes. Tout en conservant toutefois des collaborations internationales, puisque nous sommes membres d’Eden, réseau européen de l’enseignement à distance et du e-learning, et de l’Efodl, fédération européenne de la formation ouverte et à distance, qui sera représentée à Strasbourg.

Comment se positionne le Fffod en 2010 ?
Notre rôle reste d’aider au développement des échanges et de permettre des réflexions sur l’innovation, sans tomber pour autant dans la futurologie. On essaie de prendre des thèmes émergents et on aide les acteurs à développer leurs compétences et leurs propres connaissances dans le secteur de la FOAD. A cet égard, le couplage entre le Fffod et Algora était extrêmement intéressant dans la mesure où nos travaux s’appuyaient sur l’expertise de cette dernière, qui elle-même la valorisait à travers nos activités. C’est là tout le sens qu’il y a à essayer de reconstituer avec Centre INFFO une jonction plus importante. Plus largement, le Fffod est d’autant plus intéressant pour un acteur qu’il s’y mobilise. Nous avons ici une difficulté partagée avec l’ensemble du monde associatif. Bien des organisations sont aujourd’hui davantage dans des positions de consommateurs que d’acteurs. Faire venir du monde à nos événements n’est pas un problème, il est en revanche plus difficile de recruter des « militants », par manque de temps, notamment. Les organisations préfèrent des frais variables plus élevés, pour prendre ce qui les intéresse, plutôt que de payer à l’année des frais fixes comme une cotisation. Ceci dit, le Fffod va bien, avec un modèle économique sain et un socle d’adhérents sponsors stables. Nous continuerons donc à accompagner le développement de la FOAD, qui reste le fer de lance de l’innovation en formation. C’est précisément pourquoi des réflexions pédagogiques qui n’auraient rien à voir avec les TIC ne sont pas vraiment dans notre champ.

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Pour autant, le Fffod ne limite pas sa réflexion à l’imputabilité de la formation. Exemple avec le premier jour des rencontres 2010, qui s’intéressera aux « nouveaux outils numériques » pour l’orientation et la formation tout au long de la vie. « Un bon système de formation tout au long de la vie intègre un bon système d’orientation tout au long de la vie », plaide Jacques Bahry. « Pour nous, le e-portfolio lorrain fait partie de la FOAD ; ce que l’on voit se dessiner en matière d’orientation, c’est bien une relation entre la médiation humaine et la technologie, similaire à ce que l’on rencontre en formation, il s’agit de définir le rôle de chacun et de chercher à optimiser la complémentarité des deux mondes. De même que l’école élémentaire gagnerait à mieux comprendre ce que l’enfant apprend à l’école « parallèle », les professionnels de la formation professionnelle continue gagneraient à mieux comprendre l’importance des réseaux sociaux dans les processus d’apprentissage des jeunes et moins jeunes. On le voit bien avec les étudiants du Cesi qui se passent tout le temps des tuyaux sur Facebook, la relation entre apprenants est une relation d’apprentissage essentielle. Comme le dit Philippe Carré, la vraie formation, c’est l’accompagnement de l’autoformation : le moment où l’on apprend est en général un moment solitaire, le rôle du formateur est d’accompagner l’apprenant pour faciliter les choses. Le grand changement, ce n’est pas qu’il n’y a plus de place pour la didactique, c’est que le niveau d’exigence pour qu’une intervention didactique soit acceptée est considérable : il faut des personnes de haut niveau, c’est la fin du mauvais formateur », s’amuse Jacques Bahry.

Objet des travaux du deuxième jour, l’étude des réseaux sociaux voisinera avec une incursion dans l’univers des serious games, l’un des derniers avatars du e-learning. « Le serious game, c’est tout simplement et grâce au développement de l’informatique, le fait d’arriver à faire de la simulation avec une moindre capitalisation qu’avant : la méthode n’est plus réservée à des enjeux faramineux comme la simulation aéronautique et rentre dans des actes de formation à la portée de tous ». Et comme pour le e-learning, « l’énorme avantage de la pédagogie de la simulation est de pouvoir répéter à l’infini », souligne-t-il.

Les rencontres, qui s’achèveront par une journée consacrée aux pratiques FOAD de la Région Alsace, seront filmées et pour partie diffusées en direct. Plus d’infos sur le nouveau site du Fffod, www.fffod.fr

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Fffod : une décennie de rencontres
2009 - Nouveaux espaces numériques et formation : former/informer ; jouer/apprendre ; réel/virtuel.
2008 - FOAD, la nouvelle donne.
2006 - La FOAD au carrefour des chemins.
2004 – Qualité et Développement.
2003 - Référentiel de Bonnes Pratiques en FOAD.
2002 - L’heure des solutions mixtes.
2001 - La FOAD : transition, mutation, rupture ? e-illusions et réalités.
2000 - La FOAD dans tous ses états.

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[1] Vice-président du Fffod, responsable du projet TFS en charge de la mission nationale FOAD et ressources à l’Afpa.
[2] Actuel directeur de recherche au Cesi et secrétaire général du Fffod.

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Le FFFOD, le forum des acteurs de la formation digitale – 4 Avenue du Stade de France, 93210 Saint-Denis - +33 (0) 966 96 06 52