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Comment mesurer la « montée en puissance » de la formation ouverte et à distance ? (rencontres du FFFOD)

Dépêche n°156764 de l'AEF reproduite avec l'aimable autorisation de l'AEF

Paris, mardi 18 octobre 2011, 19:07:57
Cyril Duchamp

 

La FOAD (formation ouverte et à distance) connaît actuellement une « montée en puissance » dont l'évaluation précise est toutefois limitée « car le vrai succès se trouve dans le blended learning [mêlant la distance avec le présentiel] qui est difficile à mesurer », indique à l'AEF Jacques Bahry, président du FFFOD (Forum français pour la formation ouverte et à distance), vice-président de la FFP (Fédération de la formation professionnelle), délégué général du Cesi (Centre d'études supérieures industrielles), lundi 17 octobre 2011. Cette « montée en puissance » est le thème retenu pour les 9e rencontres nationales du FFFOD, organisées du 14 au 16 novembre 2011 au conseil régional du Centre, à Orléans.

« Par rapport au rêve de certains, il y a quelques années, de voir des dispositifs de formation entièrement e-learning faciles à identifier, il faut constater que les formes prises rendent la mesure statistique assez aléatoire », souligne Jacques Bahry. « Il y a dix ou quinze ans », les spécialistes pensaient que des « structures spécialisées » conduiraient les projets de FOAD, « or ce sont les grands opérateurs traditionnels de formation qui ont modernisé leur offre », ajoute-t-il. Même si la montée en puissance de la FOAD est compliquée à mesurer, « elle se ressent incontestablement » avec notamment « une sortie des petites expérimentations pour arriver à des choses importantes ».

« VADEMECUM DU FINANCEMENT DE LA FOAD »

Du côté des financeurs, « nous sommes dans une drôle de situation », note Jacques Bahry. « Les obstacles légaux ont été levés, les obstacles des grandes fédérations aussi avec une unanimité déclarée des organisations professionnelles au niveau national », mais le niveau local « y est opposé ». La réalité du terrain « évolue trop lentement », avec des acteurs « plus frileux que la loi ». Il reste « encore des gens qui pédagogiquement contestent » la FOAD, « et ceux plus nombreux qui craignent que le formation ne soit pas acceptée au titre de l'imputabilité » des dépenses des entreprises au titre de la formation professionnelle continue. À cet égard, le FFFOD présentera à l'occasion de ses rencontres un « vademecum du financement de la FOAD », qui a vocation à servir de « guide pratique en direction des Opca et des Opacif.

Autre « frein » à la diffusion de la FOAD identifié par Jacques Bahry, « la pleine logique de l'utilisation de ces outils numériques bouleverse l'organisation de l'entreprise ». Les réticences portent par exemple sur « l'aspect asynchrone d'accès à l'apprentissage » qui permet de « se former quand on veut ». Jacques Bahry se dit « sidéré de voir perdurer les dispositifs synchrones », mais les entreprises « veulent voir leurs salariés suivre des formations » lors de plages horaires définies. Ainsi, « dans beaucoup d'entreprises les règles d'organisation se sont durcies, avec davantage de contrôle du temps » : sont ainsi « revenus en force » les « systèmes où l'employeur souhaite savoir à quoi les salariés passent leur temps ». Cette « rigidité » apparaît également comme un frein au développement du télétravail.

REPOSITIONNEMENT DES FORMATEURS

En outre, le responsable formation « a du mal » à s'engager dans les dispositifs FOAD car « c'est compliqué » et « la conviction » de sa pertinence « n'est pas aussi partagée » que pour les formations classiques, note Jacques Fayet, chef de projet e-learning du groupe Cegos. Mais « le contenu est disponible partout » et, de fait, « cela remet en question la position du formateur qui n'est plus le dispensateur de contenus ». L'objectif des rencontres d'Orléans est ainsi de « montrer que les postures changent » et que « le futur de la FOAD reste à créer ».

Les collectivités seront mises en avant avec « un coup de projecteur » sur les projets de la région Centre, notamment sur « une expérience de e-portfolio pilotée par l'Afpa ». La Bretagne, le Limousin et l'Aquitaine seront également présents. Pour Jacques Fayet, « le FFFOD permet des échanges qui ne se feraient pas ailleurs, c'est le lieu de rencontre des universités, des entreprises, des organismes de formation, des collectivités, sans vouloir faire du business mais en avançant à plusieurs ».

Le FFFOD, le forum des acteurs de la formation digitale – 4 Avenue du Stade de France, 93210 Saint-Denis - +33 (0) 966 96 06 52