Youtube  Slideshare  RSS  Linkedin  Viadeo

Augmented Learning : un « Living-Lab » pour imaginer et créer les dispositifs de formation de demain

Article du Quotidien de la Formation du 16/11/2011 de Benjamin d'Alguerre reproduit avec l'aimable autorisation du Centre Inffo.   

"Living-Labs", "Crea-Labs", "City-Labs", "Media-Labs", "Open-Labs", voire "Open-Living-Labs"… depuis leur création, au seuil des années 2000 dans les couloirs du Massachusetts Institute of Technoly (MIT) de Boston, ces "laboratoires vivants des usages" n’ont pas manqué de termes pour les désigner, même si, avec le temps, la dénomination générique de Living-Labs s’est finalement imposée. Américains tout d’abord, nord-européens ensuite, ces structures, mêlant instituts de recherches, start-ups, universités, entreprises de tailles diverses, tous rassemblés autour de problématiques d’innovation dans des domaines variés, commencent désormais à essaimer en Asie, Amérique du Sud et Afrique. L’apprentissage, la formation professionnelle et l’enseignement n’échappent bien entendu pas au champ d’expérimentation de ces laboratoires réflexifs et créatifs.

"Collecter et féconder les idées en matière de FOAD"

Ainsi, la Commission Européenne a labellisé, le 16 mai 2011, Augmented Learning, un Living-Lab, piloté par le Centre national pour l’éducation à distance (Cned) en charge du développement de nouveaux outils dédiés à la formation, l’éducation et l’apprentissage. Augmented Learning a donc rejoint il y a peu, les presque 260 laboratoires des usages labellisés travers le monde, prenant en compte la création d’un label spécifique à l’Union européenne en 2006 [1]. « Le Cned a rassemblé autour de la table des acteurs aussi divers qu’Orange, Pearson, l’Université Claude-Bernard (Lyon I), la start-up Bluenote, l’éditeur What Time Is It ?, L’institut québécois de formation à distance Téluq, l’agence Le Cube ou l’Université Paris VI afin de réfléchir ensemble, en fonction de nos expertises et de nos expériences à de nouvelles voies d’enrichissement de l’apprentissage » a annoncé Sébastien Brunet [2], responsable de ce consortium et chargé de mission à la Direction de l’innovation du Cned à l’occasion des neuvièmes rencontres de la FFFOD à Orléans, le 15 novembre 2011. « Notre objectif, en créant cette osmose était non seulement de rechercher des idées là où, individuellement, chacun des partenaires n’aurait pas pensé à les collecter, mais aussi de féconder ces idées afin d’accoucher de solutions numériques en faveur de l’enseignement et de la formation. Sans Le Cube, le Cned aurait-il pensé à impliquer des personnes présentant un profil artistique dans ses réflexions ? Je ne le pense pas ».

Sébastien Brunet a toutefois préféré avertir : « il ne s’agissait pas de céder à une mode ou de constituer une usine à gaz. L’objectif d’Augmented Learning demeure avant tout de développer une nouvelle offre de services, en confrontant les cultures et en s’appuyant sur la richesse de chaque partenaire ». Ainsi, l’observation des tendances innovantes en matière de formation demeure l’une des préoccupations majeures du Living-Lab, de même que le maintien des liens avec les utilisateurs constituant autant de bêta-testeurs ou de sources d’amélioration pour les services conçus et proposés par le laboratoire. Et, en dépit de sa récente labellisation, Augmented Learning n’a pas chômé : en témoignent ces deux créations sorties des travaux communs des partenaires associés que sont Hippo’Camp (un dispositif mobile collaboratif consacré à l’apprentissage actuellement en test sur l’Ile-de-France) et Quasimodo 2.0, un programme de formation aux gestes professionnels des tailleurs de pierre développé en partenariat avec les Compagnons du devoir (encore au stade de l’appel à projets).

Développer la culture numérique des formateurs, tuteurs et accompagnateurs

Si, sur un plan technique, Augmented Learning constitue une structure collaborative, aucune disposition organisationnelle ne préside à l’existence de ces laboratoires vivants. « Associations, GIP… il n’existe pas de modèle-type du Living-Lab » a précisé le Chargé de mission du Cned. Chaque situation peut donc présenter ses avantages… ou ses inconvénients, notamment en matière de financement. Le « bébé Living-Lab du Cned » (comme l’a surnommé Stéphane Brunet) a fait le choix, pour sa part, de s’appuyer sur la structure d’enseignement à distance, « ce qui nous permet de répondre aux appels à projets en fonction des spécificités économiques liées à chaque appel d’offres » a précisé son responsable. Actuellement, Augmented Learning porte ses réflexions sur le développement de la culture numérique des formateurs, tuteurs et accompagnateurs sur l’évolution des métiers liés au Web 2.0, ainsi que sur la valorisation des données ouvertes ("open datas") disponibles en ligne. Quelques problématiques qui l’amènent à se rapprocher d’un autre Living-Lab, spécialisé dans les nouvelles technologies, adossé, lui, à Universcience.

Post-Scriptum
Notes
[1] Tous les Livings-labs labellisés européens sont consultables (en anglais) sur le site de l’ENoLL (European Network of Living-Labs) : http://www.openlivinglabs.eu/
[2] Le twitter de Stéphane Brunet : http://fr.twitter.com/# !/sbrunet86
Le FFFOD, le forum des acteurs de la formation digitale – 4 Avenue du Stade de France, 93210 Saint-Denis - +33 (0) 966 96 06 52