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Comparée à la France, l’Allemagne utilise peu le e-learning (Webconférence du Fffod)

Un article de Christelle Destombes paru dans le Quotidien de la formation du 21/09/2017. Cet article est diffusé sur le site du FFFOD avec l’aimable autorisation de Centre Inffo.

Christian Martin, cofondateur de la société de conseil Eumathos, expert en digital learning, installé en Allemagne, a comparé lors de la webconférence de la Fffod [1] du 19 septembre, l’état du marché du e-learning des deux côtés du Rhin.

Des marchés différents ?
Si les deux marchés sont concurrentiels et divisés entre de nombreuses petites entreprises, la proximité géographique et linguistique joue un rôle important dans le choix des acteurs en Allemagne. Le chiffre d’affaires du e-learning y a crû de 14 % entre 2015 et 2016, et représente 500 millions d’euros dans un marché évalué à 30 milliards d’euros. Comme en France, le spécialiste relève depuis deux ans une diversification des modalités d’e-formation en Allemagne, avec la croissance du mobile learning [2] et une montée significative de la réalité virtuelle et de la simulation 3D.

Cependant, selon une enquête réalisée auprès de 1 700 écoles équivalentes à nos CFA, le e-learning n’est pas entré dans les mœurs : l’utilisation des ressources digitales dans les écoles professionnelles est peu développée, seulement 9 % utilisent des serious games, le recours à Skype, au Wiki et aux podcasts est assez faible. Selon Christian Martin, la France dispose dans ce domaine de quelques années d’avance. En cause, la résistance culturelle des partenaires sociaux allemands qui préfèrent le présentiel. Exception notable : les PME qui ont des réseaux de distribution à l’international et qui recourent au e-learning pour former l’ensemble de leurs réseaux de distribution. Enfin, l’accompagnement et le tutorat n’existent pas ou presque en Allemagne.

Deux cas d’école
Christian Martin a ensuite présenté deux projets emblématiques de la stratégie e-learning des entreprises allemandes, primés en 2017 par le eLearning Journal : celui de Porsche, Porsche Management e-book, qui a choisi de former via le e-learning, 2 000 managers répartis sur 700 sites, et celui de la Compagnie suisse des chemins de fer, qui devait former 2 900 personnes en interne et 1 000 prestataires externes dans le cadre de la construction du plus grand tunnel ferroviaire au monde. Elle a sélectionné le simulateur 3D de la société TriCAT, sur des critères méthodologiques et le savoir-faire de la petite société en matière de simulateur. Christian Martin y voit l’attention portée par les clients allemands à l’expertise du contenu et à la qualité des formations.

Différences culturelles
En Allemagne, souligne Christian Martin, la formation initiale est privilégiée avec le système dual d’apprentissage. Le congé formation de cinq jours, qui peut-être utilisé par les salariés concerne la formation en présentiel et la tendance est de considérer le départ en formation comme une récompense. Avec la prévalence des accords de branche et d’entreprise, de nombreuses PME n’ont pas d’obligation de formation. Et si les Mooc se généralisent dans les universités avec la plateforme (australienne) Moodle, qui équipe 2 500 sites, la start-up Iversity part à la conquête du reste du marché. Tous les partis politiques présentent dans leur plateforme électorale des plans de formation au digital, relève Christian Martin. De quoi assurer l’avenir du e-learning ?

Notes
[1] Forum français des acteurs de la formation digitale.

[2] Apprentissage dans un contexte de mobilité ou de déplacement.

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